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Anne-Marie Quesnel
Auteure, conférencière

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Mar 08, 2018

Une valise pleine de croyances

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Une valise pleine de croyances

« Que vous pensiez être capable ou incapable de faire quelque chose, dans les deux cas vous avez raison. »

– Henry Ford

Les croyances sont en quelque sorte le moteur qui vous permet d’agir, d’oser, d’avancer, d’évoluer. Deux pédales sont reliées à ce moteur : une qui permet d’accélérer, l’autre qui permet de freiner. Reliées à vos valeurs, il y a vos croyances, qui décideront de la vie que vous allez vous créer.

En fait, les croyances se classent généralement dans deux catégories: celles qui nous limitent et celles qui nous supportent. D’où la citation d’Henry Ford : si je crois que je suis capable, j’ai raison. Si je crois que je suis incapable, j’ai raison. Sachant cela, n’y a-t-il pas lieu de faire le tri dans mes croyances? D’autant plus qu’elles ont souvent pris racine dans l’enfance, période d’innocence durant laquelle le cerveau était loin d’avoir développé la maturité qui permet de faire des choix éclairés. Rappelons que la troisième et finale couche du cerveau, le néocortex, n’atteint sa maturité que vers l’âge de 20 ans!

UN BALUCHON DE CROYANCES EN HÉRITAGE

Lors du passage à l’âge adulte, un certain vertige s’installe parfois quand on constate que la Vérité, avec une majuscule, n’existe pas vraiment. On se rend compte que nos parents nous ont transmis ce qu’ils avaient de meilleur en eux… pas plus! Du mieux de leurs connaissances, ils nous ont montré comment vivre, agir, penser et se comporter selon leur expérience, sans nécessairement donner de grandes leçons ou expliquer quoi que ce soit. Nous les imitons souvent malgré nous.

C’est quand on se met à observer de plus près son petit baluchon de croyances qu’on fait des surprises étonnantes, autant dans le positif que dans le négatif. Chaque nouvelle étape arrive avec son lot de nouveaux constats. Toutes sortes d’émotions et de réactions surviennent. La surprise, la fierté, l’émerveillement, la colère, le dégoût, l’incompréhension…

Que faire avec les croyances reçues? Premièrement, vérifier en quoi elles vous sont encore utiles. Dans quel contexte vous ont-elles été transmises? Ont-elles évolué, grandi avec vous? Les avez-vous adoptées pour vous protéger quand vous aviez cinq ans? Si oui, il peut être temps de laisser aller l’une ou l’autre de ces croyances, sous peine de les voir se transformer en prison… ou en croyances limitantes. Je vous donne un exemple.

L’HISTOIRE DE COCO

Par un beau dimanche ensoleillé, toute la famille se réunit pour le brunch chez les grands-parents. Frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, cousines, tout le monde y est. La petite Coco a cinq ans. Elle est vive et allumée (de magnifiques qualités en soi). Elle est aussi impulsive, verbomotrice et, passage obligé de l’enfance, un peu égoïste. Bref, elle brasse de l’air dans une maison, encore plus quand il y a de la visite!

De façon générale, ses parents ont pour intention (consciente ou pas…) d’enseigner à leur fille comment bien vivre en société. Comment prendre sa place, pas plus pas moins, comment partager son espace… et ses jouets! Comment écouter, aussi, et respecter l’autre. Noble, non?

En ce dimanche fatidique, une remise à l’ordre plutôt banale se déroule. Coco est « tannante », à un point tel que ses parents doivent intervenir. Or, supposons que malgré leurs bonnes intentions, les parents, comme beaucoup d’entre nous, ne mesurent pas toujours l’impact de leurs paroles. Peut-être sont-ils un peu exaspérés ou peut-être se sentent-ils jugés par la famille élargie. Vient le moment où ils doivent faire un arrêt d’agir, et les voilà qui s’exclament : « Coco, arrête de parler et de bouger! Tu déranges tout le monde! Va-t’en dans le coin, pis sois tranquille. Comme une statue. Tu tombes sur les nerfs de grand-maman… »

Si cela se produit assez souvent ou si cette réunion de famille en particulier a un impact suffisamment puissant pour laisser une empreinte dans l’inconscient de Coco, sa vie risque de changer.

À l’âge adulte, il est possible que Coco se sente souvent de trop, qu’elle ait l’impression de déranger. Il se peut qu’elle ait de la difficulté à prendre sa place au travail ou dans sa vie de couple.

Coco serait alors comme un magnifique oiseau à qui on aurait attaché les ailes durant l’enfance, oubliant par la suite de les libérer. Une fois adulte, Coco serait clouée au sol, incapable de s’envoler, prisonnière des consignes de son enfance.
Elle porterait en elle une puissante croyance limitante, qui l’empêche de s’épanouir et de développer son potentiel. Dès qu’elle en prend conscience, Coco aurait intérêt à se débarrasser de cette croyance qui aurait dû expirer à la fin de la réunion de famille quand elle avait cinq ans. Elle pourrait aussi la transformer en croyance qui la soutient, la supporte et lui donne confiance.

Elle pourrait remettre l’apprentissage en contexte pour qu’il prenne tout son sens. Dans quelles circonstances est-il approprié? Comment transformer en qualité ce qui était parfois dérangeant quand elle avait cinq ans?
Surtout, il serait aidant pour Coco de libérer son enfant intérieur, celle qui a encore cinq ans et qui travaille si fort pour protéger l’adulte qu’elle est devenue en lui rappelant diligemment la leçon.

Pouvez-vous imaginer qu’un enfant de cinq ans soit le parent, qu’il éduque, soit gardien, qu’il donne même des conséquences, fasse des menaces, qu’il discipline la grande personne que vous êtes devenue? C’est plus commun qu’on ne le pense!

DES PARENTS TROP SÉVÈRES?

La question se pose. Les parents de Coco ont-ils été trop sévères? Auraient-ils dû laisser la petite s’exprimer, faire ses expériences et déranger tout le monde? À vrai dire, non. Dans un monde parfait, leur intervention aurait pu être plus nuancée, c’est vrai. Mais élever un enfant signifie qu’on est en mode improvisation puisqu’on n’a pas reçu le scénario à l’avance! Tous les parents ont des moments de brillance et d’autres qu’il vaudrait mieux oublier.

Le travail des parents est d’éduquer, d’inculquer des valeurs pour le respect de soi en équilibre avec le respect de ceux qui nous entoure. Dans ce sens, ils ont bien agi. Alors, comment le problème de Coco aurait-il pu être évité?

Peut-être que les parents de Coco auraient pu ajuster le tir au fur et à mesure que la petite prenait de la maturité. Pourtant, rien ne garantit qu’elle aurait bien compris et que cette stratégie aurait pu défaire l’empreinte faite quand elle avait cinq ans.

Le constat le plus humble, c’est que nous avons TOUS des blessures qui proviennent de l’enfance. Cela fait partie de la condition humaine. Même si nous avons les meilleurs parents au monde, il y aura quelque chose d’imparfait, créé dans un moment de fatigue, de grande sensibilité, de stress ou de colère. On s’entend que certains parents font plus de dommages que d’autres, mais règle générale, tous les enfants deviennent des adultes qui portent en eux une blessure. Voici les plus courantes : le rejet, la trahison, l’abandon, la non-reconnaissance, la maltraitance, l’injustice, l’humiliation.

QUE FAIRE AVEC NOTRE BLESSURE D’ENFANCE?

La blessure d’enfance s’installe généralement avec un système de croyances et des valeurs. Une fois qu’on prend conscience de cela, il y aura trois façons de vivre cette blessure. Les deux premières sont dites « négatives ». Certaines personnes la rejouent en demeurant victimes, d’autres la refoulent en adoptant peut-être le rôle de celui qui a causé la blessure.
La troisième façon de vivre une blessure est celle qu’on dit « positive ». Il s’agit de sublimer la blessure en tirant des apprentissages et en l’utilisant pour une noble cause. Pensez aux gens qui consacrent leur vie à une cause. À l’origine se trouve bien souvent une blessure ou un drame qui les a poussés à transformer en positif ce passage difficile de leur vie. Sans aller aussi loin, il est possible de faire du bien à petite échelle à partir d’une blessure.

Cette transformation peut être difficile à faire sans accompagnement. Quand la blessure est plus profonde, on peut songer à passer quelques séances avec un professionnel, que ce soit en psychologie, en coaching ou en hypnose. Pour ma part, je suis d’avis que l’hypnose humaniste, en particulier la thérapie symbolique avancée, peut être bien efficace dans de tels cas.

FAUTE OU RESPONSABILITÉ?

Au bout du compte, comprenons ceci. Les parents font du mieux qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Les blessures d’enfance sont le résultat d’un processus humain, normal.

Imaginons qu’à la naissance, chaque personne reçoit une valise avec des ressources, des compétences, des habiletés, des défauts, des défis, des valeurs et des qualités. Chaque valise possède un contenu unique qui relève un peu du bagage génétique, un peu de l’environnement, un peu du hasard, un peu de l’histoire de l’humanité. Nous sommes tous un peu poussière d’étoiles!
La plus grande leçon, c’est que JE suis responsable de MA VIE. C’est moi qui décide ce que je fais du contenu de ma petite valise. J’ai la responsabilité de faire le ménage là-dedans! Je garde ce qui me convient, je transforme ce qui a du potentiel et je me débarrasse de ce qui ne me convient pas. Je peux même ajouter de nouveaux trucs! Des connaissances, des habiletés, des valeurs, des compétences… TOUT CE QUE JE VEUX!

Si je crois que je suis capable, j’ai raison. Si je crois que je suis incapable, j’ai raison. C’est le plus fantastique pouvoir des croyances!


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