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  • Anne-Marie Quesnel

Le lien entre perfectionnisme et burnout



Et si je te disais que je vis avec mon perfectionnisme comme un alcoolique vit avec sa dépendance quand il arrête de boire : un jour à la fois, dans la bienveillance et la gratitude de ne pas me laisser contrôler par le monstre, que dirais-tu?

Quand tu vois ma photo, quand tu lis mes textes, quand tu m’entends parler de mes valeurs, de ma philosophie de vie, quel genre de femme crois-tu que je suis? Chacun a droit à son opinion, mais en général, les mots qui me reviennent sont positive, joyeuse, souriante, lumineuse…


Suis-je née comme ça? J’avais probablement des caractéristiques innées qui me portent à avoir un faible important pour le bonheur, je l’avoue! J’aime rire, j’aime aimer, j’adore avancer, évoluer, positiver… Ça me nourrit de voir des gens heureux. L’intelligence m’attire. Bon, pas besoin d’avoir un doctorat pour être mon amie, ce n’est pas ce que je dis! Je tripe sur tous les types d’intelligences : relationnelle, amoureuse, émotionnelle, intellectuelle, musicale, sportive, artistique, etc.


Mais je n’ai pas toujours été comme ça. En fait, j’ai connu une période très sombre. The dark side of the Moon. Si je te montre cette photo de moi, qu’est-ce que tu vois?



Moi, je vois une femme brisée, éteinte. Une femme qui a perdu sa voix et toute sa confiance. Une femme qui est en mode survie, qui peine à recoller ses morceaux. Une femme qui se sent littéralement étouffée par l’impression d’avoir complètement échoué, qui se bat pour sortir du fleuve de la honte, de la culpabilité. Une femme submergée de tristesse. Découragée, meurtrie. Zéro énergie.


C’était en 2010, l’année où mon Big Bang personnel s’est produit.


The higher they rise, the harder they fall.

(Plus tu montes, plus dure sera la chute.)


Comme beaucoup de gens, j’ai grandi avec la fausse croyance que la dépression, c’est pour les faibles. Des phrases dans le genre « Si tu veux, tu peux! Pas capable, yé mort! Si tu travailles, tu vas réussir! Ne t’assois pas sur tes lauriers : lève-toi et marche! Continue, travaille plus fort, fais-en plus. Tu ne peux pas trop faire d’effort. Fais plaisir à tout le monde, oublie-toi, travaille, dis oui : ça va te revenir. Go, go, GOOOOOOO!!! ».


J’étais perfectionniste et convaincue que l’échec était impossible. Je voyais l’échec comme la honte ultime, comme un manque de volonté, une faiblesse. J’ai fait ce qu’il fallait pour réussir ma vie professionnelle. J’ai fait mes études en accéléré, j’ai grimpé les échelons du monde de l’éducation jusqu’à devenir directrice adjointe dans un collège.


The higher they rise, the harder they fall.


Performer, réussir plus vite et mieux, faire des miracles, c’était mon plan chaque jour. Comme si ce n’était pas suffisant, je voulais aussi que tout le monde m’aime. Bon, ce n’était pas clair comme cela à l’époque. Je disais que je n’étais pas là pour me faire aimer (et j’y croyais presque), mais dans le fond de mon cœur, c’était la marque de succès ultime. Tout réussir, plus vite et mieux, en étant appréciée et aimée de tous.


Franchement! La première moitié de mon mandat était justement une raison d’annuler la deuxième. Si j’avais tout réussi plus vite et mieux (ce que je n’ai vraiment, mais alors VRAIMENT pas réussi), ça aurait été pour plusieurs la meilleure raison de me détester! Si on change de perspective, on peut dire que j’ai à peu près réussi mon mandat, à condition de le prendre à l’envers, avec des antonymes. L’horreur!


The higher they rise, the harder they fall.


Ma chute a été spectaculaire. Du moins à mes yeux, parce qu’elle s’est produite sur la place publique.


Après avoir pleuré et dormi ma vie pendant des mois, j’ai commencé ma rééducation. J’en avais tellement besoin, mais je ne le savais pas. Je ne m’étais pas rendu compte que j’étais en train d’étouffer mon enfant intérieur : ma joie de vivre, ma légèreté. Je n’avais pas vu mon critique intérieur se transformer en monstre qui passait ses journées à me juger, à me rabaisser, à me ridiculiser, à me détruire.


Je me suis rebâtie, un jour à la fois. J’ai dû réapprendre tout plein de choses, la première étant de me traiter avec bienveillance, amour, patience et gentillesse. Plus j’essayais d’aller vite, plus je m’écrasais, plus je perdais mon énergie.

Au début de mon burnout, c’est évident que j’ai voulu guérir avec mon plan habituel : performer, réussir plus vite et mieux. J’avais laissé de côté « et que tout le monde m’aime », parce qu’à ce moment-là, je ne m’aimais pas moi-même. Mon reflet dans le miroir me faisait horreur.


J’ai dû apprendre à ralentir. J’ai commencé à me donner des permissions que j’aurais taxées de « paresseuses » avant le crash. Et peu à peu, j’y ai pris plaisir. Ça ne s’est pas fait « vite et mieux ». Oh que non!


Ça s’est fait avec la lenteur d’un paresseux… hyper lent! Je n’ai pas eu le choix que de l’accepter, parce que chaque tentative d’accélérer se soldait par une rechute, comme si j’avais essayé de me débattre dans le sable mouvant.


Avec le recul, je peux dire que ce burnout m’a permis de me trouver, de me connaître, de faire un méga ménage dans mes valeurs, mes patterns et mes saboteurs. Il m’a permis de comprendre pourquoi j’existe, à quoi je sers. Il m’a montré mes plus belles qualités et il m’a montré comment transformer mes « défauts » en défis, puis en expériences et en succès. Il m’a enseigné la bienveillance et la patience. Il m’a dévoilé ma mission de vie. Il m’a inspirée plus que je l’aurais cru possible. Il m’a donné la permission d’être différente, étrange ou incomprise. Il m’a montré que c’est OK de ne pas être aimée de tout le monde, c’est même normal! Il m’a enseigné à lâcher prise. Il m’a offert plein d’expériences pour tester ma résilience, mon courage, ma force. Il me rappelle régulièrement que le perfectionnisme est un point faible, pas une qualité. C’est un trait de personnalité qui peut me ralentir, me paralyser, me désavantager, me nuire au plus haut point, particulièrement quand il travaille de pair avec mon critique intérieur!


Cette année sera mon 11e anniversaire post-burnout et je peux dire que j’aime la femme que je suis maintenant. J’ai accepté de me rebâtir avec les bonnes pièces. J’ai demandé (et accepté) de l’aide. J’ai travaillé fort et je vais toujours continuer de le faire, mais j’ajuste mes critères.


Je vis avec mon perfectionnisme comme un alcoolique vit avec sa dépendance quand il arrête de boire : un jour à la fois, dans la bienveillance et la gratitude de ne pas me laisser contrôler par le monstre.



Aujourd’hui, ce que je souhaite propager, c’est la zénitude, l’équilibre, la légèreté, l’amour, l’humour, la joie, l’épanouissement. C’est mon nouveau plan! Je le fais au quotidien dans mon travail d’hypnothérapeute et de coach, mais aussi le reste du temps, parce que la personne que je suis dans mon bureau est la même que dans ma vie personnelle. Je me sens bien enracinée, bien alignée, bien connectée. Ça change TOUT!


Si tu as besoin d’accompagnement parce que tu te reconnais dans mon histoire, contacte-moi. Je connais le chemin pour t’aider à retrouver ta lumière intérieure et pour transformer ton perfectionnisme en force.


Et si tu préfères commencer par une plus petite action, procure-toi mon livre Après le crash : le burnout qui m’a permis de renaître. Je te raconterai mon histoire, puis je te donnerai tout plein de trucs simples pour commencer ta rééducation.


Si tu veux prendre rendez-vous, écris-moi ici : amquesnel@outlook.com



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