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Libérez-moi des envieux!


Ça t’arrive de recevoir des commentaires de gens qui voudraient te ramener en arrière? Des petites phrases assassines qui s’accrochent à ton chandail comme des petits pois lourds et qui te tirent vers le bas? Le genre de commentaires que tu reçois comme des jugements, qui semblent avoir pour seul objectif de te dire que tu es incontestablement et irrémédiablement dans le champ!

Parfois, de tels commentaires ont le don de gaspiller notre journée. On reste coincée avec un mauvais sentiment dans le creux du ventre, on a le cœur lourd.

La question : qu’est-ce qu’on fait avec ça?

Avant d’offrir des solutions, explorons quelques exemples de commentaires désobligeants.

DES EXEMPLES

Il y a celle vient de remarquer ta perte de poids :

T’es donc ben petite! T’as perdu du poids? Ça te fait bien. Mais fais attention de ne pas trop maigrir, là. Tu ne voudrais pas tomber malade. Tiens… prends donc un morceau de gâteau. Ça va te donner de l'énergie C’est pas beau, une femme trop maigre.

Il y a l’autre, qui souligne ton énergie au travail :

Comment tu fais?! T’es partout en même temps on dirait. Toujours rien qu’sur une patte. Vingt-cinq projets qui roulent en même temps! Fais attention de ne pas faire un burnout! Faudrait pas que tu tombes sur le carreau et que tu ne sois plus jamais capable de te relever. Pense à ta tante Hortense : elle n’est jamais revenue de la dépression qu’elle a faite en 1985.

Il y a celle qui se permet des commentaires sur ton style parental :

Me semble que ta fille sort tard… T’es sûre qu’elle ne prend pas de drogue? Tu trouves pas que tu devrais être plus sévère? Moi, à son âge, fallait que je sois dans la maison avant la noirceur. T’as pas peur qu’elle se mette dans le trouble?

Et sa voisine, qui dit le contraire :

T’es ben trop sévère avec tes enfants! Laisse-les respirer, sinon ça va exploser je te le jure! Un enfant a besoin de liberté. Faut pas les brimer. Laisse tes enfants découvrir leurs limites. On a tous déjà été jeunes. Faut que jeunesse passe.

Il y a ceux qui te trouvent paresseuse :

Arrête de méditer et de lire, pis va au gym! Ça donne quoi, te mettre toutes sortes d’idées dans la tête? La méditation, c’est pour les paresseux. Bouge! Cours, va prendre une marche, fais du sport. Tu vas finir par déprimer à te regarder l’intérieur de la tête comme ça!

Et ceux qui te trouvent hyperactive :

RE-LAXE! Arrête de courir partout, tu m’étourdis. C’est pas bon pour ton cœur. Calme-toi le pompon! Tu commences plein d’affaires, pis tu ne finis rien. T’es partout en même temps. Va te faire masser, médite, respire. Va marcher dans le bois, regarde les fleurs!

QU’EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE?

Ouf! Qu’est-ce qu’on fait avec ça? La première chose à comprendre, c’est que chaque personne fait ses choix et agit en fonction de son intention positive. Mais attention : c’est une intention positive POUR ELLE, ce qui n’est pas automatiquement le cas pour la personne qui reçoit le commentaire désagréable. Pose-toi donc la question : quelle est l’intention positive qui se cache derrière le commentaire?

Ensuite, on peut vérifier la source. De qui ça vient? Est-ce que l’opinion était sollicitée? Est-ce que c’est un pattern ou si c’est un événement isolé? Si c'est un événement isolé, passe à autre chose. Tu n'as pas besoin de gaspiller d'énergie.

Et toi, comment réagis-tu à ces commentaires? Il peut s’agir d’un jeu avec cette personne. Il s’agit souvent du jeu victime – bourreau – sauveur. Pour que ça fonctionne, tout le monde doit accepter de jouer, sinon la partie prend fin. Alors si ce jeu dure depuis 10, 20 ou 30 ans, dis-toi qu’il est temps de reconnaître que tu y participes aussi, même si c’est de façon involontaire ou inconsciente. Une prise de conscience s’impose. La responsabilité de ce jeu est partagée.