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  • Anne-Marie Quesnel

On est presque arrivés?



As-tu déjà fait un voyage de groupe avec des inconnus? Ou 12 heures de route avec des enfants fatigués et impatients? Ou simplement côtoyé de nouvelles personnes lors d’un voyage dans un tout-inclus? La plupart des gens ont au moins une telle histoire à raconter.

Quelque chose de magique se produit quand des humains qui n’ont aucun lien se retrouvent dans un même espace-temps. Tout à coup, on se découvre des affinités avec une personne qu’on n’aurait probablement jamais côtoyée dans la « vraie » vie! On prend le temps de se parler, de se comprendre, de s’écouter. On fait l'effort de découvrir nos champs d’intérêts communs. Et notre voyage s’en trouve bonifié!

Ce qui se met en œuvre à ce moment-là, c’est peut-être une baisse de nos critères habituels, une ouverture plus grande, la certitude que cette relation de vacances est temporaire. Ou pas! Parfois, l’amitié dépasse les frontières et se poursuit après le retour au bercail.

C’est comme si dans notre vie normale, on sait que les possibilités sont infinies, ce qui peut se transformer en quête incessante. Après tout, il y a plus de sept milliards d’habitants sur notre belle planète. C’est pourquoi on cherche constamment à améliorer notre condition, notre environnement, nos relations. Le gazon est-il plus vert chez le voisin? Difficile de résister à l’envie de zieuter!

Alors qu’en vacances, les possibilités sont limitées au groupe avec lequel on voyage, à la cuvée de touristes qui fait le farniente sur notre coin de plage. Cette image illustre à merveille l’adage suivant :

Je fais toujours le meilleur choix parmi ceux que je vois.

Je prends donc le temps (rapidement, quand même, vu que j’ai mon billet de retour!) de choisir intuitivement les gens qui me ressemblent le plus parmi ceux qui sont là. C’est la même chose pour les activités offertes. Je prends connaissance de l’offre, puis je fais mon choix.

En fait, il y a au moins deux catégories de gens en voyage. La première catégorie compte les gens qui passent leur semaine à remarquer tout ce que l’hôtel n’offre PAS en comparant à une autre destination précédemment visitée – et toujours tellement plus intéressante – , en se plaignant que les gens, les activités, l’hôtel, le personnel sont trop ceci ou pas assez cela. Ils regardent les autres de haut, presque avec dédain, ou alors ils rient des différences locales en disant haut et fort qu’ils s’ennuient de leur beurre de peanuts Kraft, de leur Cheez Whiz et de leur pâté chinois.

Dans l’autre camp se trouvent ceux qui maximisent leur expérience en remarquant et en savourant ce qui est là, ce qui est différent. Ils découvrent leur nouvel environnement avec leur cœur d’enfant. Non pas qu’ils ne voient pas les accrochages ou les lacunes, mais ils sont d’humeur agréable, légère, joviale, enjouée. Ils profitent de leur expérience!


S’ils se trouvaient dans une cuisine inconnue et qu’on leur demandait de préparer un plat, les gens du premier groupe gaspilleraient leur temps à rouspéter qu’ils ne peuvent pas travailler dans ces conditions parce qu’il manque des ingrédients. Ils n’auraient en tête QUE des recettes impossibles à réaliser avec les ingrédients fournis.

Ceux du deuxième groupe commenceraient par ouvrir le frigo et toutes les armoires pour voir ce qui est disponible, et c’est à partir de cela qu’ils décideraient de préparer une recette. Ils laisseraient l’inspiration en temps réel leur faire d’agréables propositions. Et s’ils se rendent compte qu’il manque un ingrédient, ils improviseraient en utilisant un équivalent.

Le confinement, eh bien ça peut ressembler à cela! Oui, on peut ronchonner contre tout ce qui n’est pas possible en ce moment, on peut se plaindre, être triste ou en colère et ne parler que du voyage annulé en novembre, mais en faisant cela, on pollue notre âme.

Les faits sont là, indéniables, planétaires. Les réponses varient un peu selon les régions, les pays, mais en gros, tous les habitants de la Terre sont dans le même bateau.

Ou alors on peut faire comme si on était en vacances avec un groupe restreint et faire l’effort conscient de remarquer tout ce qui va bien. On peut ralentir, revenir à l’essentiel, faire le ménage de notre vie. On peut PROFITER de l’occasion au lieu de se plaindre.

Une dernière métaphore. As-tu déjà fait 12 heures de route avec des enfants qui crient, qui pleurent, qui s’impatientent et demandent inlassablement « On est presque arrivés? », comme l’âne dans le film Shrek*? Épuisant, non?

Soyons honnêtes : cette attitude ne change en RIEN les 12 heures de route, mais elle alourdit terriblement le climat dans la voiture. Impatience, colère, agressivité, découragement, etc. Pire, elle donne l’impression que le déplacement dure PLUS que 12 heures! Et les bobos sortent: mal de tête, mal de ventre, crampes, etc.

N’y a-t-il pas là un écho avec l’attitude de certaines personnes devant la pandémie? Et pourtant, cela ne changera rien à la durée de cette colossale épreuve collective. Il n’y aucune solution miracle pour que ça prenne fin plus rapidement.

Voilà donc le choix devant lequel chacun de nous se trouve : s’impatienter comme l’âne et avoir l’impression que 2020 dure vraiment plus que 12 mois ou s’émerveiller (OK, peut-être que le verbe est un peu fort…) devant nos nouvelles conditions de vie temporaires et profiter des moments d’intimité. Ou faire le ménage dans notre vie, commencer un nouveau chapitre, changer d’adresse, régler des problèmes qui trainent depuis trop longtemps, faire un bout de chemin en croissance personnelle, vraiment prendre soin de soi (corps et âme), etc.

Nous avons tous le même but : retrouver un semblant de normalité le plus rapidement possible. Or, la durée de ce voyage sera la même pour tout le monde.

Le seul contrôle réel que nous avons, c’est sur COMMENT nous allons faire le voyage. Dans quel état nous allons le vivre. N’oublions pas que l’état dans lequel nous passons chaque journée de voyage a un impact sur la destination, sur le résultat.

Alors… toi, dans quel état veux-tu te trouver à la fin de la pandémie? Perso, je choisis la joie, la vitalité, l’énergie, la gratitude, le bonheur. Malgré les nids-de-poule, les détours, les cailloux et la grêle qu’il y aura à endurer pour y arriver!

Et puisque tous les chemins mènent à Rome, je me permets, une fois de plus, de terminer ce texte avec la citation qui a changé ma vie et qui me guide comme un phare :

Je ne suis pas ce qui m’est arrivé.

Je suis ce que je choisis de devenir.

- Carl Gustav Jung

* Extrait qui présente l'impatience de Donkey dans le film Shrek: https://www.youtube.com/watch?v=kJQKb4IVhaY

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